Taux de satisfaction
Le plaisir que j'ai pris à jouer, de 0 à 100 %. C'est un ressenti personnel, pas une note technique.
Plus sombre, plus viscéral et plus dynamique, Gears of War: E-Day nous replonge au cœur de l'un des événements les plus marquants de la saga. Un retour aux origines qui entend bien nous rappeler pourquoi les Locustes ont longtemps hanté les cauchemars des joueurs.
Un retour aux origines qui fait du bien
Il y a des licences qui ont marqué l'histoire du jeu vidéo, et Gears of War fait incontestablement partie de celles-là. Depuis ses débuts sur Xbox 360, la saga a imposé son identité grâce à ses affrontements brutaux, son univers sombre et son gameplay particulièrement nerveux.
Avec Gears of War: E-Day, The Coalition nous propose de remonter le temps pour revivre le jour de l'Émergence, cet événement qui a bouleversé le destin de l'humanité et marqué le début de la guerre contre les Locustes.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce retour aux origines est une véritable réussite sur plusieurs points. Entre une ambiance oppressante, une réalisation visuelle impressionnante et un gameplay qui gagne en dynamisme, cet épisode a de sérieux arguments pour séduire les fans de la première heure.
Après avoir parcouru le jeu, voici ce que j'en retiens.
Un gameplay plus dynamique, sans renier l'ADN de la série
C'est probablement l'un des changements les plus marquants de cet épisode : le gameplay gagne en dynamisme, en précision et en possibilités.
Les affrontements sont plus nerveux et les situations rencontrées sur le champ de bataille donnent davantage le sentiment de devoir s'adapter en permanence. On retrouve évidemment les fondamentaux de Gears of War, mais avec une approche plus souple et plus dynamique des déplacements et des combats.
La possibilité de sauter et d'escalader certains obstacles à notre guise apporte une liberté bienvenue. Les déplacements semblent moins contraints, et les animations accompagnent parfaitement cette évolution. Le résultat est particulièrement convaincant : les affrontements gagnent en fluidité sans perdre cette brutalité qui fait l'identité de la franchise.
Des zones semi-ouvertes qui renforcent le chaos
Autre évolution notable : plusieurs passages proposent des zones semi-ouvertes, qui rappellent les séquences en Skiff de Gears 5 dans leur volonté de laisser davantage de liberté au joueur.
Certains regretteront peut-être ces espaces, qui viennent rompre avec la progression très linéaire des premiers épisodes. Personnellement, j'y vois plutôt une excellente idée.
Pourquoi ? Parce que le jour de l'Émergence doit justement être synonyme de chaos.
On découvre des civils pris au piège, des Locustes qui surgissent là où on ne les attend pas et des situations qui donnent l'impression que la ville sombre progressivement dans la catastrophe. Certaines de ces rencontres peuvent même déboucher sur des quêtes annexes particulièrement bien senties.
Ces séquences contribuent à rendre le monde plus vivant et les événements plus crédibles. On ne se contente plus d'avancer d'une arène de combat à l'autre : on traverse une ville qui s'effondre sous nos yeux.
Une claque visuelle signée Unreal Engine 5
Visuellement, Gears of War: E-Day est impressionnant.
Les environnements sont détaillés, les effets lumineux saisissants et les animations particulièrement soignées. Mais ce sont surtout les visages qui retiennent l'attention : les expressions sont extrêmement travaillées et renforcent considérablement l'intensité des scènes.
La mise en scène profite pleinement de cette qualité technique, que ce soit pendant les moments de tension, les séquences d'action ou les passages plus intimistes.
L'Unreal Engine 5 fait ici des merveilles et semble parfaitement adapté à l'univers de Gears of War.
Ce choix technologique possède d'ailleurs une certaine résonance historique. À l'époque, la célèbre démonstration technique de l'Unreal Engine 3 avait contribué à poser les bases visuelles de ce qui allait devenir le premier Gears of War sur Xbox 360. Voir aujourd'hui la franchise exploiter les possibilités de l'Unreal Engine 5 donne presque l'impression d'une boucle bouclée.
Le résultat est à la hauteur des attentes : c'est beau, c'est détaillé et c'est surtout au service de l'immersion.
Le jour de l'Émergence : une histoire qui parle aux fans
Avec E-Day, nous découvrons les événements qui ont conduit à l'une des plus grandes tragédies de l'univers Gears of War.
Le plaisir vient notamment de la découverte progressive des Locustes et de la manière dont ils font leur apparition au fil de l'aventure.
Les connaisseurs de la saga prendront rapidement leurs marques. Certains détails disséminés dans les environnements, certains indices visuels ou sonores permettent d'anticiper la menace qui se profile. Pour les fans de longue date, ces petits clins d'œil constituent un vrai plaisir.
Mais le jeu ne se contente pas de jouer sur la nostalgie : de nouveaux types de Locustes, jusqu'alors inconnus, viennent également enrichir les rencontres.
L'univers s'étoffe ainsi au fil de la progression, tandis que les événements racontés donnent davantage de poids à ce que les joueurs connaissaient déjà.
Même la Rustlung, également connue sous le nom de « poumon noir », bénéficie d'une introduction particulièrement bien amenée. Ce genre de détail témoigne d'une attention appréciable portée à la cohérence de l'univers.
E-Day ne cherche donc pas uniquement à raconter une histoire que les fans connaissent déjà dans ses grandes lignes. Il nous invite à la redécouvrir de l'intérieur, en nous faisant vivre l'Émergence à hauteur de ceux qui l'ont subie.
Une ambiance glauque, oppressante et parfois terrifiante
S'il y a un domaine dans lequel cet épisode m'a particulièrement marqué, c'est bien son ambiance.
Le premier acte flirte clairement avec le survival horror. Les environnements sombres, les rues désertées, les bruits inquiétants et le sentiment permanent qu'une menace peut surgir à tout instant installent une tension remarquable.
On est loin d'une simple succession de fusillades. Le jeu prend le temps de poser son atmosphère et de nous faire ressentir la peur qui accompagne les premières heures de l'Émergence.
Et cette ambiance ne disparaît pas lorsque l'action s'intensifie. Tout au long de l'aventure, le ton reste glauque, violent et profondément sombre.
Le gore est omniprésent, mais il ne s'agit pas simplement d'en mettre plein la vue. La violence participe à la représentation d'un monde qui bascule dans l'horreur.
L'un des aspects les plus réussis reste d'ailleurs l'évolution progressive de la ville. Au fil des événements, les environnements se dégradent et les conséquences de l'Émergence deviennent de plus en plus visibles. Observer cette transformation renforce le sentiment d'assister à une catastrophe qui prend de l'ampleur.
Mention spéciale aux passages plongés dans l'obscurité, ponctués d'éclairs lumineux et d'explosions. Ces séquences sont aussi terrifiantes que magnifiques, et illustrent parfaitement la capacité du jeu à associer spectacle visuel et tension.
Gears of War retrouve ici une dimension horrifique que les premiers épisodes avaient su exploiter avec brio.
Horde Siege : une excellente surprise en coopération
Je n'ai pas encore eu l'occasion de tester les affrontements PvP. Il serait donc prématuré de me prononcer sur le multijoueur compétitif.
En revanche, j'ai pu découvrir le nouveau mode coopératif Horde Siege, et celui-ci m'a particulièrement séduit.
Le principe change sensiblement de la formule traditionnelle : les joueurs sont largués dans une zone de la ville et doivent accomplir différents petits objectifs avant de demander une évacuation.
L'intérêt réside notamment dans la possibilité de croiser d'autres groupes de joueurs au cours de ses excursions. Libre à vous de leur venir en aide ou de poursuivre votre route sans intervenir.
En revanche, pas question de tirer sur ses petits camarades : chez les Gears, on ne s'entretue pas entre frères d'armes !
Cette dimension apporte une touche intéressante à l'expérience. On peut se concentrer sur ses propres objectifs, prêter main-forte à une autre équipe ou profiter d'une rencontre improvisée pour renforcer les chances de survie de tout le monde.
Le mode semble également puiser son inspiration dans des jeux comme Helldivers, notamment dans cette idée de déploiement en zone hostile, d'objectifs à accomplir et d'extraction une fois la mission terminée.
Le système de classes constitue un autre véritable atout. Il encourage la complémentarité entre les joueurs et donne à la coopération une dimension stratégique supplémentaire.
Il ne s'agit plus seulement d'aligner les éliminations : il faut aussi savoir travailler ensemble.
Et c'est précisément ce qui rend Horde Siege aussi plaisant. Si le mode continue sur cette lancée, il pourrait devenir l'un des grands arguments de longévité de cet épisode.
Quelques défauts à signaler
Malgré toutes ses qualités, Gears of War: E-Day n'est pas exempt de reproches.
Une difficulté peut-être trop accessible
J'ai directement lancé l'aventure en difficulté Dément, et j'ai malgré tout trouvé le jeu un peu trop facile.
C'est évidemment une appréciation personnelle, mais j'aurais apprécié une difficulté plus exigeante, capable de pousser davantage le joueur dans ses retranchements.
Dans une aventure qui mise autant sur la brutalité et le danger permanent, quelques passages supplémentaires réellement éprouvants n'auraient pas été de trop.
Une nouvelle VF à laquelle il faut s'habituer
Autre point qui risque de diviser : le doublage français.
Pour les habitués de la saga, certaines voix font partie intégrante de l'identité des personnages. Il faut donc un petit temps d'adaptation pour accepter cette nouvelle interprétation.
Le cas de Marcus est particulièrement sensible. José Luccioni, sa voix française historique, nous a malheureusement quittés. Ce changement s'inscrit donc dans un contexte particulier, et il serait injuste de réduire cette transition à une simple erreur de casting.
Il faut laisser à cette nouvelle interprétation le temps de trouver sa place, même si les habitudes des fans sont parfois difficiles à bousculer.
Verdict : un retour aux sources particulièrement convaincant
Gears of War: E-Day réussit à retrouver ce qui faisait la force des premiers épisodes tout en apportant suffisamment de nouveautés pour renouveler l'expérience.
Son gameplay plus dynamique, ses zones semi-ouvertes, sa réalisation visuelle et surtout son ambiance oppressante en font une aventure particulièrement marquante.
J'ai particulièrement apprécié la manière dont le jeu nous fait ressentir le chaos de l'Émergence. La ville se dégrade, les civils sont pris au piège et les Locustes deviennent une menace omniprésente. On a véritablement le sentiment d'assister à l'effondrement d'un monde.
Le mode Horde Siege constitue également une excellente surprise, même si mon avis sur le PvP reste à venir.
Tout n'est pas parfait : la difficulté m'a semblé un peu trop accessible, et la nouvelle VF demandera un temps d'adaptation aux fans de longue date. Mais ces quelques réserves ne suffisent pas à gâcher l'expérience.
E-Day est un épisode qui comprend ce qui rend Gears of War si particulier : une action brutale, des personnages marquants et une ambiance capable de passer du spectaculaire à l'angoissant en quelques secondes.
Un retour aux origines qui ne se contente pas de jouer sur la nostalgie, mais qui redonne toute sa force à l'un des événements fondateurs de la saga.
Et si l'Émergence devait être vécue une nouvelle fois, je serais clairement de la partie.